Humeurs, humour, coups de coeur et coups de gueule ... c'est selon l'arrivage
Apollinaire rencontre Louise de Collignon peu de temps avant qu’il ne parte au front en 1914.
Lou résiste d’abord à l'empressement du poète, mais elle finit par céder au charme de l'artilleur et devient sa maîtresse à Nîmes, le 7 décembre de la même année.
Il rencontre ensuite Madeleine Pagès dans un train qui l'amène à Lou pendant une permission.
Amours orageuses avec l'une, tendre correspondance avec l'autre, il adresse sans embarras les mêmes poèmes aux deux femmes, mais se fiance avec Madeleine.
Grièvement blessé à la tête par un éclat d'obus en 1916, il est ensuite trépané, oublie Lou et Madeleine pour finalement épouser Jacqueline Kolb, la Jolie Rousse.
La fin est moins drôle, car si le poète échappe à la guerre, c'est pour être emporté par la grippe espagnole le 9 Novembre 1918, deux jours avant l'armistice.
Terrible grippe ‘espagnole’ (source réelle = Etats-Unis) qui fit quatre fois plus de victimes (25 à 40 millions selon les estimations) que la guerre elle-même (8 millions de morts), en 3 mois seulement !
/http%3A%2F%2Fsbi.neufblog.com%2FJacqueline_Kolb.jpg)
Mon p’tit Lou adorée
Je voudrais mourir, un jour que tu m’aimes
Je voudrais être beau pour que tu m’aimes
Je voudrais être fort pour que tu m’aimes
Je voudrais être jeune. Jeune pour que tu m’aimes
Je voudrais que la guerre recommençât pour que tu m’aimes
Je voudrais te prendre pour que tu m’aimes
Je voudrais te fesser pour que tu m’aimes
Je voudrais te faire mal, pour que tu m’aimes
Je voudrais que nous soyons seuls dans une chambre d’hôtel à Grasse pour que tu m’aimes
Je voudrais que nous soyons seuls, dans mon petit bureau, près de la terrasse, couchés sur le lit de fumerie, pour que tu m’aimes
Je voudrais tu sois ma sœur pour t’aimer incestueusement
Je voudrais tu sois ma cousine, pour qu’on se soit aimés, très jeunes
Je voudrais que tu sois mon cheval, pour te chevaucher longtemps, longtemps
Je voudrais que tu sois mon cœur, pour te sentir toujours en moi
Je voudrais que tu sois le paradis, ou l’enfer selon le lieu où j’aille
Je voudrais que tu sois un petit garçon, pour être ton précepteur
Je voudrais que tu sois la nuit, pour nous aimer dans les ténèbres
Je voudrais que tu sois ma vie, pour être par toi seule
Je voudrais que tu sois un obus boche, pour me tuer d’un soudain amour.