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Humeurs, humour, coups de coeur et coups de gueule ... c'est selon l'arrivage

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Marchandage

Un extrait de La Gloire de mon père  que j’aime beaucoup . Au-delà de l'humour, on sent toute la tendresse que portait Marcel Pagnol à son père.  Bonne lecture.

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Après une sorte de méditation, le brocanteur regarda fixement mon père et dit :

- Ca fait cinquante francs !

- Ho ho ! dit mon père, c'est trop cher !

- C'est cher, mais c'est beau, dit le brocanteur. La commode est d'époque !

Il montrait du doigt cette ruine vermoulue.

- Je le crois volontiers, dit mon père. Elle est certainement d'une époque, mais pas de la nôtre !

Le brocanteur prit un air dégoûté et dit :

-Vous aimez tellement le moderne ?

- Ma foi, dit mon père, je n'achète pas ça pour un musée. C'est pour m'en servir.

Le vieillard parut attristé par cet aveu.

- Alors, dit-il, ça ne vous fait rien de penser que ce meuble a peut-être vu la reine Marie-Antoinette en chemise de nuit ?

- D'après son état, dit mon père, ça ne m'étonnerait pas qu'il ait vu le roi Hérode en caleçons !

- Là, je vous arrête, dit le brocanteur, et je vais vous apprendre une chose : le roi Hérode avait peut-être des caleçons, mais il n'avait pas de commode ! Rien que des coffres à clous d'or, et des espèces de cocottes en bois. Je vous le dis parce que je suis honnête.

- Je vous remercie, dit mon père. Et puisque vous êtes honnête, vous me faites le tout à trente-cinq francs.

Le brocanteur nous regarda tour à tour, hocha la tête avec un douloureux sourire, et déclara :

- Ce n'est pas possible, parce que je dois cinquante francs à mon propriétaire qui vient encaisser à midi.

- Alors, dit mon père indigné, si vous lui deviez cent francs, vous oseriez me les demander ?

- Il faudrait bien ! Où voulez-vous que je les prenne ? Remarquez que si je ne devais que quarante francs, je vous demanderais quarante. Si je devais trente, ça serait trente...

- Dans ce cas, dit mon père, je ferais mieux de revenir demain, quand vous l'aurez payé et que vous ne lui devrez plus rien...

- Ah maintenant, ce n'est plus possible ! s'écria le brocanteur. Il est onze heures juste. Vous êtes tombé dans ce coup-là : vous n'avez plus le droit d'en sortir. D'ailleurs, je reconnais que vous n'avez pas eu de chance de venir aujourd'hui. Mais quoi ! A chacun son destin ! Vous, vous êtes jeune et frais, vous êtes droit comme un i, et vous avez deux yeux superbes ; tant qu'il y aura des bossus et des borgnes, vous n'aurez pas le droit de vous plaindre, c'est cinquante francs !

- Bien, dit mon père. Dans ce cas, nous allons décharger ces débris, et nous irons nous servir ailleurs. Petit, détache les cordes!

Le brocanteur regarda mon père avec une tristesse indignée, secoua la tête, et me dit :

- Comme il est violent !

Il s'avança vers lui, et parla solennellement :

- Sur le prix, ne discutons plus : c'est cinquante francs ; ça m'est impossible de le raccourcir. Mais nous pouvons peut-être allonger la marchandise…

  Il entra dans sa boutique. Mon père me fit un clin d’œil triomphal et nous le suivîmes. (...)


 

 

 

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C
P'tit coucou et Bisous aux futurs mariés....
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K
Merci beaucoup SBI.  Hier soir nous avons regardé "La gloire de mon père" en famille, ce fut un réel plaisir et on s'est un peu retrouvé, entre nous; un film qui crée des liens. J'ai remarqué que l'extrait que tu cites ne va pas jusqu'à la fin dans le film. Ce soir sans doute "Le château de ma mère" mais la fin triste, par la mort de la maman me fait craindre des angoisses pour ma fille.<br /> Merci encore Sbi
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C
Pagnol! un incontournable! <br /> l'appartement où vivait toute cette petite famille dans le film se situait dans ma rue: rue Barbaroux! Pour cet évènement, le quartier avait changé d'allure, on se serait vraiment cru dans une autre époque!
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K
Bonsoir SBI<br /> Je me souviens très bien de cette scène au cinéma, dans le téléfilm excellent de je ne sais plus qui.<br /> Je suppose que cet extrait de Pagnol n'est pas un hasard en ce jour anniversaire de sa mort (1974).<br /> A plus et merci pour ce passage, ça fait du bien
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S
La gloire de mon père  et les chateaux de ma mère sont deux belles adaptations d'Yves Robert.  ... des classiques pour Laura qui se (nous) les passe en boucle.<br />  <br /> <br /> Je t'envoie une 'sauvegarde' Divx par la poste.  Bonne journée Bernard.